À Réguisheim (68), Eiffage Énergie Systèmes installe une centrale photovoltaïque sur une ancienne gravière pour Tryba Energy

03.02.2026
À Réguisheim (68), Eiffage Énergie Systèmes installe une centrale photovoltaïque sur une ancienne gravière pour Tryba Energy

En juillet 2024, Eiffage Énergie Systèmes a remporté le contrat d’Engineering Procurement and Construction (EPC) hors modules pour la construction d’une centrale photovoltaïque de 23,4 MWc de puissance à Réguisheim, dans le Haut-Rhin. À l’issue des travaux, l’installation produira chaque année l’équivalent de la consommation électrique de 7 500 foyers (hors chauffage et eau chaude sanitaire). Ce projet de reconversion a pris place sur une ancienne gravière inactive depuis plus de dix ans et présente de nombreux défis techniques et environnementaux pour nos experts. En raison du risque d’inondation, l’ensemble des structures a été conçu pour une installation en hauteur. 

Développeur-investisseur de ce projet photovoltaïque, Tryba Energy s’est chargé de trouver un terrain disponible et de mettre en place un bail emphytéotique, lui conférant un transfert de gestion du foncier sur une très longue durée (minimum 30 ans), avant de lancer les études préliminaires (études de sol, d’impact environnemental, enquêtes publiques, demandes d’autorisations, permis de construire, etc.). « Une fois ficelé, le projet de centrale photovoltaïque au sol de Réguisheim a été proposé par le développeur à la Commission de régulation de l’énergie (CRE). Lauréat de l’appel d’offres1, le projet EPV1 a fait l’objet d’un EPC. Autrement dit, Tryba Energy nous a attribué la construction de la centrale clés en main et nous a fourni les modules », explique Thierry Adloff, chef de projets photovoltaïques.

L’équipe projet a confié l’implantation des structures métalliques, la pose et le raccordement des modules à un structuriste spécialisé. Elle a piloté également la création des routes, de la clôture et des tranchées pour les cheminements de câbles. « Pour pouvoir délivrer du courant HTA (20 000 V), la centrale ne peut pas dépasser une certaine puissance. C’est pourquoi nous avons construit deux centrales complémentaires, l’une à côté de l’autre : 20,2 MWc pour la tranche sud et 3,2 MWc pour la tranche nord, soit 23,4 MWc au total. Nous avons donc acheté deux postes de livraison et transformation combinés (PDL/PTR), reliés chacun à un poste Enedis différent, et quatre postes de transformation (PTR) pour la centrale de la tranche sud », détaille Thierry Adloff.

Branchés en série, les modules sont reliés par lots de 27 unités à un onduleur, qui transforme le courant continu (1 500 V) en courant alternatif (800 V). Les 59 onduleurs de la centrale (51 pour la tranche sud et 8 pour la tranche nord) sont câblés en triphasé alternatif jusqu’aux PTR (ou PDL/PTR), puis reliés sur un grand jeu de barres en 800 V alternatif. En sortie de transformateurs, le courant 20 000 V alternatif est envoyé sur des cellules HTA, qui permettent d’injecter l’électricité produite par la centrale sur le réseau Enedis. « Sur ce type de chantier, la partie électrique est maîtrisée, contrairement à la topographie, qui nous réserve toujours des surprises. Ici, la centrale est installée sur 10 000 pieux battus, enfoncés à 2 m ou 2,5 m de profondeur au creux d’une gravière. Sur ce terrain potentiellement inondable en cas de crue centennale du Rhin, tous les équipements électriques ont dû être installés en hauteur. Certaines colonnes de structures culminent à 6 m au-dessus du sol, mais tous les modules sont parfaitement alignés », précise Thierry Adloff.

Soumis à un arrêté de destruction d’espèces protégées, le chantier de la centrale a nécessité, par ailleurs, la mise en place de mesures compensatoires. Sur un site de 40 ha, l’installation ne couvre que 23 ha et les 17 ha restants sont consacrés à la compensation écologique, comme la création d’une dizaine d’hibernacula dédiés aux reptiles et batraciens ou l’implantation de nichoirs. « Nous avons créé aussi deux plateformes de 5 000 m2 chacune pour l’œdicnème criard, un oiseau limicole qui se reproduit sur le gravier nu. Nous avons reconstitué de la prairie et nous allons dégager des bosquets d’arbres pour favoriser la biodiversité », se réjouit Thierry Adloff. Les espèces invasives (renouée du Japon et robinier) ont fait l’objet, quant à elles, d’une vigilance particulière.

Mêlant défis environnementaux et challenge technique complexe, ce chantier de centrale photovoltaïque au sol contribue à asseoir le positionnement de Clemessy en tant qu’acteur clé de la transition énergétique à l’échelle de la région Grand Est.